En France, le secteur de la vente à domicile a généré un chiffre d'affaires de 4,35 milliards d'euros en 2023, selon la Fédération de la Vente Directe (FVD). Cela place la France comme deuxième marché européen, juste derrière l’Allemagne. Ce dynamisme s'appuie sur un réseau de plus de 700 000 vendeurs actifs dans l’Hexagone pour qui l'activité représente souvent un revenu d’appoint.
Qu’est-ce qu’un vendeur à domicile indépendant (VDI) ?
Le vendeur à domicile indépendant (VDI) démarche des particuliers à leur domicile, sur leur lieu de travail ou lors de réunions pour leur proposer directement des biens ou services. Ce commercial itinérant présente ses produits, conseille personnellement les clients et conclut la vente directement sur le terrain.
À noter que le VDI commercialise les produits d’une autre entreprise sans pour autant être considéré comme un salarié : il n'existe par conséquent aucun lien de subordination.
Statuts du vendeur à domicile : des réalités différentes
En France, le vendeur à domicile indépendant peut opérer sous différents statuts. Il faut cependant distinguer le vendeur à domicile indépendant, qui se décline en deux catégories, du vendeur salarié :
Le VDI mandataire
Le vendeur à domicile mandataire prend des commandes pour une entreprise sans avoir besoin d'investir dans un stock de marchandises, ce qui permet un démarrage sans capital. Sa rémunération est variable et est constituée de commissions sur les ventes qu’il ou elle génère, selon un plan de commissionnement défini par la marque. Tout le reste (logistique, livraison, encaissements, service après-vente) est généralement géré par l'entreprise.
Le VDI acheteur-revendeur
L’acheteur-revendeur achète la marchandise à une entreprise pour la revendre à son compte. Il cible souvent des produits à forte marge pour optimiser ses gains. Les risques liés à la gestion des stocks sont de sa responsabilité et sa rémunération provient de la marge qu'il a réalisée, à partir du prix de vente qu’il peut lui-même fixer (à condition de ne pas aller au-dessus du prix maximum autorisé par la marque).
Le vendeur salarié
Comme son nom l’indique, le vendeur salarié est lié à une entreprise par un contrat de travail. Sa rémunération peut être un fixe, à la commission ou inclure une combinaison des deux (cas le plus courant pour les commerciaux). Il bénéficie de l'ensemble des protections que lui confère le statut de salarié en France, y compris de l'assurance chômage ainsi que d’autres avantages sociaux.
Historique et statut en France : une profession reconnue mais réglementée
En France, la vente à domicile moderne prend de l’ampleur après la Seconde Guerre mondiale, en particulier boostée par l'arrivée de grandes marques américaines en Europe occidentale. En 1966, la Chambre Syndicale de la Vente Directe est créée, avant de devenir plus tard la Fédération de la Vente Directe (FVD). Elle joue un rôle crucial dans la reconnaissance et la professionnalisation du secteur, ce qui mène en 1993 à la création du statut de Vendeur à domicile indépendant (VDI).
Ce modèle unique permet de clarifier la situation juridique et sociale de ces travailleurs, jusque-là peu représentés par le modèle du salarié classique ou par celui du travailleur indépendant traditionnel.
À noter que le démarchage à domicile est une pratique commerciale strictement réglementée. Ne sont pas autorisées :
La vente par téléphone ou par internet (soumise à un régime spécifique de la vente à distance)
La vente sur les marchés, salons, foires et autres lieux commerciaux
La vente de certains produits fortement réglementés (santé, agroalimentaire, jeux d’argent, produits financiers, etc.)
Le statut juridique et fiscal du VDI
Avant tout, il est important de noter qu’en théorie le VDI peut ne pas être inscrit à l'URSSAF. L’entreprise avec laquelle il travaille est responsable de toutes les démarches à faire auprès de l'URSSAF, y compris le paiement des cotisations. Cela permet aux VDI à temps partiel, qui représentent entre 80 et 90 % des vendeurs en France selon la FDV, de ne pas avoir à s'alourdir avec des démarches administratives supplémentaires.
Cependant, lorsque les revenus générés dépassent 50 % du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS) pendant 3 années consécutives, le VDI est contraint de s'enregistrer de lui-même auprès de l'URSSAF et payer lui-même ses cotisations. Pour vous donner un ordre d’idée, le PASS était de 46 368 € en 2024. La moitié du PASS représente donc 23 184 €.
Dans ce scénario, il existe des différences entre le VDI mandataire et le VDI acheteur-revendeur d’un point de vue fiscal, même s’ils sont tous les deux considérés comme des travailleurs indépendants :
Le VDI mandataire doit déclarer ses revenus en bénéfices non commerciaux (BNC) et bénéficie d'un abattement de 34 % pour frais professionnels lors de sa déclaration d’impôt. Il est exonéré de TVA en dessous de 37 500 € de chiffre d’affaires généré par an.
Le VDI acheteur-revendeur doit quant à lui déclarer ses revenus en bénéfices industriels et commerciaux (BIC) et bénéficie d'un abattement de 71 % lors de sa déclaration d’impôt. Il est exonéré de TVA en dessous de 85 500 € de chiffre d’affaires généré par an.
De plus, il est assujetti à la cotisation foncière des entreprises (CFE) si son chiffre d’affaires brut dépasse 7 772 €.
Remarque : les règles juridiques et fiscales mentionnées dans cet aricle peuvent avoir été modifiées depuis la publication. Faites appel à un service professionnel pour des conseils spécifiques à votre situation.
Pourquoi devenir VDI aujourd’hui ?
Le métier de vendeur à domicile indépendant, à mi-chemin entre l'entrepreneuriat et le salariat, séduit par sa gestion autonome et rémunération basée sur les performances. Mais qu’en est-il vraiment ? Dans cette partie, nous explorons les avantages et inconvénients du métier de VDI afin de vous donner une vue objective sur ce métier.
Avantages : quête de flexibilité, autonomie et complément de revenus
Le statut de VDI attire avant tout par la souplesse qu'il propose. Parmi les avantages les plus cités, on retrouve :
La liberté d’organiser son temps de travail comme on le souhaite, ce qui permet de mieux concilier vie professionnelle et personnelle
La possibilité de fixer ses propres objectifs de revenus : le VDI n’est pas salarié de l’entreprise mais est bien à son compte et peut, en théorie, fixer ses propres objectifs commerciaux
La possibilité de travailler à son compte sans avoir affaire aux lourdeurs administratives ou investissements liés à la création d’une entreprise classique
Une rémunération directement liée à l'implication personnelle, rendant les possibilités d’évolution plus concrètes
Ces avantages se retrouvent dans plusieurs témoignages de professionnels, comme celui de Charlotte, vendeuse à domicile dans le secteur de la cosmétique pour Body Nature:
« J'organise mon planning comme je veux, à un rythme qui permet à toute la famille de s'organiser. Je peux être présente pour mes 3 enfants aux moments où ils en ont besoin (sorties d'écoles, mercredis, vacances scolaires) et ça, c'est un super avantage pour toute la famille ! »
Inconvénients : faire face à l'instabilité des revenus et à la dépendance du réseau
Le principal avantage du statut de VDI peut également être son plus gros inconvénient. Étant donné que la rémunération des vendeurs indépendants est basée sur les commissions, elle peut fluctuer considérablement d’un mois à l’autre. Cela est d’autant plus compliqué pour les VDI acheteurs-revendeurs qui doivent prendre eux-mêmes en charge les coûts liés à la gestion des stocks.
Le deuxième défi réside dans la dépendance à un réseau de clients. Le succès d'un VDI repose en effet sur sa capacité à construire, animer et renouveler son cercle de clients. Cela requiert la création d’un plan de prospection solide, ainsi que des compétences commerciales et relationnelles avancées afin d’assurer une bonne gestion du portefeuille client. Les profils plus introvertis peuvent par conséquent rencontrer davantage de difficultés.
Enfin, le VDI n’a pas la mainmise sur l’ensemble de sa stratégie commerciale : il dépend grandement des performances, de l’image de marque et de la qualité des produits de l’entreprise avec laquelle il travaille.
Les secteurs privilégiés par la vente à domicile
Ce type de vente est particulièrement efficace pour les produits qui bénéficient d'une démonstration ou d'un conseil personnalisé. Au-delà de la démonstration pure des fonctionnalités du produit, l’objectif est de créer un lien de confiance avec le client.
Parmi les secteurs porteurs, on retrouve :
Les produits bio et compléments alimentaires : la vente à domicile permet d'instaurer un discours transparent sur l'origine et la qualité des produits, ce qui permet de répondre directement aux nouvelles habitudes de consommation, plus durables.
Cosmétiques et bien-être : le VDI peut offrir des démonstrations sur mesure, par exemple sur la façon d’appliquer du maquillage. De plus, les clients peuvent se faire une idée réelle sur la senteur ou la texture des produits, une expérience compliquée à reproduire en ligne.
Télécoms et électricité : pour des offres qui peuvent paraître complexes, comme les abonnements téléphoniques ou les solutions d'énergie renouvelable, l'approche personnalisée du VDI offre le cadre parfait pour répondre précisément aux questions des clients.
Les parfums et diffuseurs : la possibilité de tester différents parfums ou produits aux senteurs variées directement chez soi fait de la vente à domicile un canal de distribution direct privilégié pour ce type de produits.
Comment devenir vendeur à domicile indépendant (VDI) en 2025 ?
Bonne nouvelle, même si les revenus générés peuvent être fortement variables en fonction des compétences de chaque vendeur et secteur d’activité, devenir VDI est un processus relativement simple qui ne requiert généralement ni diplôme ni expérience spécifique. Voici les étapes clés :
Choisir son entreprise et ses produits : l'aventure commence en rejoignant une marque de vente directe (B2C). Que ce soit dans la cosmétique, la mode ou encore les produits ménagers, il est judicieux de se renseigner sur la réputation de l'entreprise, la qualité de ses produits et le soutien qu'elle offre à ses vendeurs indépendants.
La signature du contrat : une fois l'entreprise choisie, un contrat de VDI est signé (plus d’informations à ce sujet juste en bas). Ce document définit les droits et obligations de chaque partie. Prenez le temps de le lire attentivement.
La déclaration en ligne du début de l’activité : dans les 15 jours qui suivent la signature de votre contrat, vous devez déclarer votre début d'activité sur le site du guichet unique de l'INPI afin d'obtenir un numéro SIREN.
- L'immatriculation : comme énoncé plus haut dans l’article, l’inscription à un registre professionnel n'est pas toujours obligatoire. Elle le devient si vous remplissez les deux conditions suivantes pendant trois années consécutives :
Avoir perçu une rémunération brute annuelle supérieure à 50% du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS).
Avoir exercé l'activité de manière continue.
Afin d’éviter les contrats désavantageux, voici quelques conseils qu’il est judicieux de garder en tête avant de signer un contrat :
Vérifiez la clarté de la rémunération : le calcul des commissions doit être explicitement détaillé
Renseignez-vous sur l'accompagnement : il est crucial que l’entreprise avec laquelle vous travaillez propose une formation à la vente et un accompagnement commercial sur les produits que vous allez vendre
Les obligations de l’entreprise doivent être clairement décrites dans le contrat, notamment ses engagements en termes de livraison des produits (en particulier si vous êtes VDI acheteur-revendeur) ou d’aide à la vente
Droit de rétractation : n’oubliez pas que vous disposez d'un délai de rétractation de 14 jours après la signature du contrat
L’importance du réseau
Le succès d'un VDI repose en grande partie sur sa capacité à développer son réseau de clients et d'autres vendeurs. Il existe différentes stratégies pour créer votre réseau de clients afin d’assurer des revenus un peu plus stables.
Voici quelques conseils pour vous aider à commencer :
Commencez par votre cercle proche (famille, amis, voisins)
Utilisez les réseaux sociaux pour présenter vos produits et susciter l’intérêt
Organisez des ateliers et des démonstrations à domicile (vente en réunion)
Mettez en place un système de parrainage qui incite vos clients à vous recommander
Soyez présent sur des événements locaux
Si ce métier vous intéresse fortement et que vous souhaitez tenter l’aventure en indépendant(e), nous vous conseillons vivement de suivre une formation complète afin d’en apprendre toutes les ficelles.
VDI en activité complémentaire : est-ce possible ?
Bien entendu ! Il est tout à fait possible de cumuler le statut de VDI avec une autre activité professionnelle. C'est d'ailleurs le cas pour une majorité des VDI : 60 % d’entre eux ne pratiquent pas la vente directe en activité principale.
Vous pouvez cumuler votre travail de VDI avec :
Un emploi salarié, à condition que votre contrat de travail ne contienne pas de clause d'exclusivité
Le chômage (sous certaines conditions et dans certaines limites de revenus)
D'autres activités professionnelles indépendantes
À noter que pour les fonctionnaires, le cumul peut nécessiter une autorisation de l'administration.
VDI et micro-entrepreneur : quelles différences ?
Bien que les deux statuts offrent tous les deux une grande autonomie, des différences existent :
VDI (Vendeur à Domicile Indépendant) | Micro-entrepreneur | |
Protection Sociale |
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Démarches de création |
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Gestion administrative |
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Imposition sur le revenu |
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Note : vous pouvez, si vous le souhaitez, cumuler le statut de VDI et de micro-entrepreneur. Cela peut être utile si vous envisagez de développer une autre activité indépendante en parallèle.
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Quels outils pour réussir en tant que VDI ?
Le CRM : le cœur de votre stratégie commerciale
Le CRM vous permet de centraliser toutes les informations relatives à vos clients et prospects. Cela vous permet de passer d'une gestion artisanale à une approche professionnelle et plus structurée de votre portfolio de clients.
Parmi les avantages clés pour les VDI, on peut citer :
Une prospection intelligente et efficace : segmentez vos clients selon divers critères (historique d'achat, centres d'intérêt, participation à des ateliers, etc.) afin de personnaliser votre approche.
Relances intelligentes et personnalisées : le CRM vous permet de programmer des rappels, relances ou des emails de suivi de façon automatique, en fonction de la stratégie que vous avez définie.
L’automatisation des ventes : de nombreuses tâches chronophages peuvent être automatisées, telles que la confirmation d’une commande ou l’envoi d’un email de suivi.
Un suivi des ventes rigoureux : les tableaux de bord commerciaux générés par le CRM vous donnent une vision claire de votre activité. Ces métriques sont très utiles pour identifier ce qui fonctionne le mieux.
Les réseaux sociaux : votre vitrine digitale
Les réseaux sociaux vous permettent de vous faire connaître auprès de nouveaux prospects. Cette première interaction est importante puisqu’elle a un impact direct sur le reste du processus de vente.
Mais sur quelle plateforme aller chercher ses clients ? Cela dépend bien entendu d’où votre cible se trouve. Cela étant dit, les plateformes généralement privilégiées sont :
Facebook : la possibilité de créer des groupes dédiés pour partager vos nouveaux produits ou des conseils est très efficace. De plus, vous pouvez lancer des lives afin de présenter les derniers arrivages en direct afin de susciter l’intérêt.
Instagram : parfait pour les produits visuels comme les vêtements ou les produits de beauté.
Pinterest : si votre audience est créative, vous avez de fortes chances de la trouver sur Pinterest. Parfait si vous vendez des produits déco, de loisir ou de cuisine.
TikTok : fonctionne bien avec les produits visuels, en particulier ceux qui parlent à une audience assez jeune. Les acheteurs-revendeurs peuvent également s’inscrire à TikTok Shop afin de vendre leurs produits directement depuis la plateforme (certaines conditions doivent cependant être remplies au préalable pour être qualifié).
Peu importe la ou les plateformes utilisées, vous êtes plus qu’un catalogue de produits. Vous devez apporter de la valeur à votre audience en partageant des astuces, tutoriels vidéos ou encore des témoignages de clients satisfaits.
Une dernière chose : montrez-vous et parlez de votre expérience. En tant que représentant(e) d’une autre société, l’image de marque que vous contrôlez est avant tout la vôtre.
Le bouche-à-oreille : votre meilleure publicité ?
La meilleure publicité est celle que l’on vous fait gratuitement et de bon cœur. Une recommandation d'un ami de confiance aura toujours plus de poids qu'une publicité.
Certains vendeurs pensent que le bouche-à-oreille est quelque chose qu’ils ne contrôlent pas. Bien que cela soit vrai dans le fond, vous ne devez pas non plus l’attendre passivement. Encouragez-le en :
Offrant une expérience client exceptionnelle : c’est la base de tout. Un client parfaitement content de son expérience d’achat a plus de chance de parler de vous naturellement.
Lançant un programme de parrainage : une incentive financière (par exemple 10 % de réduction sur la première commande de la personne parrainée et 10 € en bon d’achat pour le parrain) peut inciter vos clients satisfaits à parler de vous de façon plus proactive.
Sollicitant les témoignages : les avis et témoignages sont des preuves sociales qui rassurent vos prospects. Si un client vous envoie un message pour vous dire qu’il est ravi de son achat, n’hésitez pas à lui demander sa permission pour partager son retour sur vos réseaux (dans votre story par exemple).
Utilisant l’effet « l’effet hôtesse » : si vous organisez des ventes en réunion, vous pouvez proposer à un de vos clients d'accueillir une vente groupée chez lui en échange d’avantages (réductions, offres exclusives). Cela vous permet d’accéder directement à leur cercle de connaissances.
Pour conclure
Loin d'être dépassée, la vente à domicile se réinvente à l'ère du numérique. Les réseaux sociaux, les outils en ligne, ainsi que les nouvelles attentes des consommateurs qui recherchent des conseils personnalisés dans un environnement de plus en plus automatisé offrent des opportunités de croissance solides pour les VDI.
Finalement, le métier de vendeur à domicile indépendant s'inscrit parfaitement dans les tendances professionnelles actuelles, à savoir la recherche de sens et le besoin de flexibilité.